Frais de scolarité

Au cours des 30 dernières années, les frais de scolarité au Canada ont augmenté au point de devenir la dépense la plus importante pour la plupart des étudiantes et étudiantes des collèges et universités. Les hausses marquées des frais de scolarité pendant cette période sont le résultat direct des compressions dans le financement public de l’éducation postsecondaire par le gouvernement fédéral et, dans une moindre mesure, par les gouvernements provinciaux. Pour compenser ce manque de financement, les universités et collèges ont dû hausser les frais de scolarité qu’ils perçoivent.

Malgré le fait que l’éducation postsecondaire est pratiquement devenue un préalable pour trouver un emploi valable dans la plupart des marchés de travail, la responsabilité du financement des études postsecondaires est transférée de plus en plus aux étudiantes, aux étudiants et à leur famille. Entre 1986 et 2006, les subventions gouvernementales ont chuté, passant de 80 pour cent à moins de 57 pour cent des revenus d’exploitation des universités. En conséquence directe, la part de leur budget qui est financée par les frais de scolarité a doublé.

Aujourd’hui, les frais de scolarité continuent d’augmenter plus rapidement que tous les autres coûts que les étudiantes et étudiants pourraient devoir payer. Selon une étude effectuée par Statistique Canada dans le cadre de l’Enquête auprès des jeunes en transition, 70 pour cent des diplômées et diplômés du niveau secondaire qui ne s’inscrivent pas aux études postsecondaires citent des raisons financières comme raison principale. Le quart cite l’aversion à la dette comme motif principal de dissuasion. De plus, les recherches démontrent sans cesse que les coûts immédiats élevés constituent un obstacle imposant qui empêche beaucoup d’étudiantes et d’étudiants de s’inscrire au collège ou à l’université.

Les frais de scolarité qui grimpent en flèche amplifient l’écart entre les riches et les pauvres. Et ce ne sont pas seulement les étudiantes et étudiants canadiens qui éprouvent de la difficulté à poursuivre des études postsecondaires. Les étudiantes et étudiants étrangers subissent les augmentations parmi les plus importantes. Les frais de scolarité pour les étudiantes et étudiants étrangers s’élèvent maintenant en moyenne à plus de 15 000 $ par an, environ le triple du montant que paie la majorité des étudiantes et étudiants canadiens. Certaines provinces ont même entièrement déréglementé les frais de scolarité pour les étudiantes et étudiants étrangers, permettant aux universités et aux collèges de générer leurs revenus auprès de ces derniers, bien au-delà des niveaux nécessaires pour récupérer les coûts.

Alors que les frais immédiats de l’éducation postsecondaire ont grimpé de façon vertigineuse, toutes les provinces ont à un moment donné pendant la dernière décennie gelé ou réduit les frais de scolarité. Les sondages d’opinion révèlent qu’une écrasante majorité de la population s’oppose aux hausses de frais de scolarité.

 

Les étudiantes et étudiants revendiquent :

  • la réduction progressive des frais de scolarité et des frais afférents perçus par les établissements publics d’enseignement postsecondaire du pays, y compris les droits de scolarité que paient les étudiantes et étudiants des cycles supérieurs pendant la période postprogramme de leurs études;
  • l’élimination de droits différentiels pour tous les étudiants et étudiantes (dans les facultés de professions libérales; de l’extérieur de la province; de l’étranger);
  • la création d’un paiement de transfert fédéral en espèces qui serait affecté à l’éducation postsecondaire dans le but de réduire les frais de scolarité et d’améliorer l’enseignement, l’apprentissage et l’infrastructure de la recherche dans les universités et les collèges.